Scooper ceci Un étudiant chinois rencontre Dalai Lama

mai 3rd, 2008

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voici un extrait de cet interview ici (en anglais)

Scooper ceci Ecologie: les compagnies IT veulent être les pionniers du domaine

mai 2nd, 2008

N’avez-vous pas déjà entendu parler du mot "Green IT"? Un terme, un concept très en vogue actuellement. La vague d’écologie qui traverse le monde ne laisse personne indifférent, y compris les compagnies IT. Des préoccupations indéniables sur l’environnement qui suscitent une prise de conscience générale se font remarquer dans le secteur.

L’économie des énergies et la protection de l’environnement deviennent la nouvelle cible des investisseurs IT. Selon les statistiques, parmi les 80 milliards de yuan de dépenses annuelles liées a la consommation d’énergie par l’Etat chinois la moitié provient de l’utilisation des outils IT. De plus cette part est en constante progression de 8-10% chaque année. Même si ce chiffre de 80 milliards est encore relativement faible par rapport a la plupart des pays développés, il nécessite tout de même une prise en compte sérieux, de surcroît cela représente une source d’investissements intéressante.

Jusqu’au début Avril, des multinationales telles que SK Telecom, Intel, Sony, Nokia ont, à des degrés divers et variés suivi l’avancement du marché du Green IT en Chine, soit par des investissements directs, soit par le développement de produits écologiques. Si les géants multinationaux ont très vite réagi face aux opportunités offertes par le Green IT, les acteurs locaux chinois doivent les saisir pour créer une concurrence nécessaire au développement du marché.

Green-IT

La nécessité pour la protection de l’environnement est imminente

Avec la rapide croissance du PIB chinois, la consommation d’énergie est également en hausse de 10% chaque année. En 2007, la puissance électrique totale de la consommation est estimée à 30-50 millions de kWH; l’émission de dioxyde de carbone aurait atteint 35 millions de tonnes. Dans ce contexte, l’économie d’énergie, la protection de l’environnement, représentent la prochaine tendance révolutionnaire de l’industrie IT et des innovations de la nouvelle génération high-tech.

Toutefois, il existe encore de nombreuses entreprises qui pensent qu’ un investissement dans la protection de l’environnement peut affecter négativement leurs résultats. Devant ces préoccupations d’ordre économique, le gouvernement central chinois a pris les choses en main. D’une part, des mesures politiques sont mises en places pour inciter les entreprises a aller vers l’écologie (mesures fiscales…); d’autre part, le gouvernement déclare vouloir donner priorité aux entreprises "propres" dans ses choix de prestations IT diverses. De quoi donc donner un coup de boost. Le but étant de changer le discours et la mentalité désuets: non seulement l’écologie est nécessaire mais elle peut représenter des avantages économiques. Allier la conscience sociale a la rentabilité économique voila le défi que doit relever la Chine dans son développement.

Green IT: vers une nouvelle orientation des investissements

Dans la topliste des 10 grandes tendances technologiques pour l’année 2008 de Gartner, le Green IT se situe en premier lieu du classement. Les analystes y voient un puits d’opportunités extraordinaires. La Chine, en tant que le plus grand producteur mondial de produits IT, est face à une demande croissante pour le "vert". De nombreuses entreprises étrangères se tournent déjà vers ce marché au fort potentiel.

Par exemple, SK Telecom a déjà commencé a implanter des stations de base respectueuses de l’environnement. En outre, Sony, Nokia etc. ont tous accru la quantité des produits écologiques conçus et fabriqués. Le lancement d’une nouvelle génération de PC et téléphones mobiles est prévue pour le marché chinois. Les acteurs concernés affichent un optimisme déterminé quant a la vente de ces produits.

Avec l’intérêt grandissant des multinationales étrangères pour le développement durable dans le secteur IT, les investissements ont fortement grimpé dans la recherche et innovation. Il semble que seules les entreprises nationales comme Haier et FounderTech, ont percé dans les produits comme les machines à laver, réfrigérateurs et autres appareils ménagers électriques. Et la plupart des entreprises, n’ont pas vu derrière le Green IT une opportunité d’affaires pertinente et pérenne. Pourtant, les entreprises devraient bien s’y mettre tôt ou tard, car selon tous les experts, le "vert" est l’avenir.

Un domaine de plus en plus compétitif

En fait, le développement durable n’est pas synonyme de coût supplémentaire pour l’entreprise, en tout cas, cela dépend de sous quel angle elles voient les choses. Ainsi nous assure le président d’IBM Chine :" L’introduction du concept Green IT dans la chaîne de production est a moyen et long terme très bénéfique pour l’entreprise. Et l’intérêt est immédiat pour l’image de marque qui permettrait d’accroître la part de marché de l’entreprise, de réduire les coûts d’exploitation et en vue de renforcer la compétitivité sur l’ensemble du marché.

De ce point de vue, si le gouvernement chinois tend a pousser le développement durable, certains disent que c’est pour favoriser la compétitivité des entreprises nationales sur un plan mondial. Ceci suppose évidemment que les pouvoirs centraux chinois croient fermement a un avenir "vert". Les analystes font observer qu’à l’heure actuelle, la promotion pour la recherche et le développement des produits écologiques devrait prendre entre trois à cinq ans pour se généraliser, des dizaines de milliards de dollars vont être investis. Dans les deux ans a venir, un grand nombre de produits IT respectueux de l’environnement seront disponibles. Ceci aura pour conséquence d’un déclenchement de la fabrication d’autres produits de tout secteur.

Bien sûr, la protection de l’environnement est un processus stratégique, les entreprises de IT y voient, dans une large mesure, les bénéfices et avantages. Pour un réelle promotion d’ordre sociale, le gouvernement doit jouer un rôle au premier plan. Car seul lui, dans un pays comme la Chine, peut changer la donne et permettre un nouvel élan pour le développement durable dans le pays.

Scooper ceci Cinq façons de sauver la planète

mai 1st, 2008

via http://environe.blogspot.com/

Scooper ceci Jeux Olympiques : pourquoi il faut soutenir les Chinois

avril 25th, 2008

Depuis le début des événements relatifs aux jeux Olympiques à venir, on ne cesse de m’interroger : quelle est mon opinion ? Et après le passage de la flamme olympique à Paris dans les conditions que l’on sait, les questions ont fusé de plus belle.
Ne sachant pas si un an et demi passé en Chine - et les relations très proches que j’ai conservées depuis - me donnent quelque légitimité à avoir une opinion plus "autorisée" que n’importe qui, j’ai souhaité prendre le temps nécessaire pour digérer les événements, écouter les arguments des uns et des autres, fouiller dans ma bibliothèque personnelle, et regarder "le feu prendre", tant dans les médias traditionnels que sur le net.

Tout d’abord, il est amusant de constater que ce qui se passe entre la France et la Chine est parfaitement révélateur des psychologies chinoise et française. Exactement comme la crise entre les Etats-Unis et la France au début de la seconde guerre en Irak était parfaitement symptomatique des psychologies américaine et française.

Nous sommes décidément très forts pour provoquer les étrangers exactement sur ce qui est important pour eux : les Américains sont fiers de leur puissance militaire, de leur armée, de leur démocratie ; nous leur avons dit que tout cela était foutaise, que leur démocratie allait violer le droit international et que leur armée si puissante allait s’enliser… Nous avions raison, bien sûr. Et nous avions toute légitimité à les prévenir, bien entendu, et surtout en tant que partenaire et ami. Mais avoir raison et être légitime ne sont pas deux raisons suffisantes pour blesser une nation, pour l’attaquer sur ce qui lui est sensible. Un minimum de psychologie ne fait de mal à personne.

Avec la Chine, bis repetita.

Il n’y a que ceux qui n’ont jamais mis les pieds en Chine pour imaginer que c’est un pays qui souffre d’une dictature sanglante. La Chine n’est pas la Roumanie de Caucescu, dans laquelle personne n’avait le droit de s’adresser à un étranger, dans laquelle la TV émettait deux heures par jour, dans laquelle la viande était une denrée rare. Non. Rien à voir. La Chine est une super puissance moderne, ultracapitaliste, dont le seul dieu est le dollar. Et vous savez quoi  ? La Chine a une psychologie DIFFERENTE de la nôtre ! Incroyable, non ?

Certes, ça vous paraît évident, une lapalissade, à lire comme ça, sauf que notre comportement collectif semble totalement faire fi de cette simple évidence. Jetons un œil sur quelques faits qui peuvent éclairer ces différences.

Tout d’abord, les Chinois - les Han - ont vécu pendant des siècles sous domination plus ou moins étrangère. Pendant des CENTAINES d’années, des ethnies diverses ont dirigé l’empire et, durant les dernières années avant la révolution de Mao, c’est nous, Anglais, Français, Américains, qui avions le pouvoir… Regardez comment nous, en France, ressassons sans arrêt nos quatre ans d’occupation… QUATRE ANS ! Pendant quatre ans, les Allemands avaient le pouvoir en France, et nous ne cessons de nous référer à cette époque. Ensuite, grâce au tour de magie de de Gaulle, nous avons réécrit l’Histoire et complètement fantasmé "La Résistance". Nous avons idéalisé notre propre réaction à ces quatre années… mais alors… qu’en serait-il si, au lieu de quatre ans, les Allemands, puis les Anglais, puis les Australiens, puis les Belges, avaient successivement dirigé la France pendant 500 ans, pendant 1 000 ans ? C’est exactement ce qu’ont vécu les Chinois…

Et les Allemands, eux, n’ont pas détruit Versailles… Connaissez-vous l’histoire de l’ancien Palais d’Eté des empereurs chinois ? Une merveille mise à sac et brûlée en 1860 par les Français et les Anglais… Ecoutez Victor Hugo vibrer dans une lettre :

Cette merveille a disparu. Un jour, deux bandits sont entrés dans le Palais d’Eté. L’un a pillé, l’autre a incendié. L’un des deux vainqueurs a empli ses poches, ce que voyant, l’autre a empli ses coffres ; et l’on est revenu en Europe, bras dessus, bras dessous, en riant. Telle est l’histoire des deux bandits. Nous, Européens, nous sommes les civilisés et, pour nous, les Chinois sont les barbares. Voilà ce que la civilisation a fait à la barbarie. Devant l’Histoire, l’un des deux bandits s’appellera la France, l’autre s’appellera l’Angleterre.

Qu’imaginez-vous qu’il se passerait, en France, si les Allemands, en 2008, se mettaient à nous offenser, même A RAISON ? Alors qu’imaginez-vous qu’il se passe dans l’esprit d’un Chinois qui voit ses amis de France manquer de respect à son drapeau ET à ce qu’il estime être l’intégrité territoriale de son pays ?

Le nationalisme est une maladie, une pathologie. Mais… on connaît son terreau : l’humiliation nationale, collective, sur laquelle les populistes peuvent surfer avec tant d’aise. On sait quelle réaction a engendré la défaite allemande en 1918… On sait aussi que Mao a construit sa popularité sur une Chine UNIE, RASSEMBLEE, et "AUX CHINOIS". La Chine aux Chinois ! Il n’y a bien qu’en France qu’on trouve ça raciste…

La Chine a peu ou prou 6 000 ans. Mais elle n’a retrouvé de fierté nationale - et de visibilité internationale - que depuis environ 30 ans. Ça fait peu. Nier ce fait est idiot. Ne pas l’intégrer dans une réflexion est irresponsable. Et cette fierté nationale leur a été rendue par un seul homme : Mao.

Il y a une énorme différence entre Mao et les autres dictateurs du XXe siècle : ni Hitler ni Lénine ni Staline n’a UNI un pays jadis divisé. C’est la raison pour laquelle Mao a toute sa place aujourd’hui encore dans le cœur des Chinois. Personne ne les y force. Aucune dictature ne peut vous forcer le cœur.

Le Tibet est-il chinois ?

Je trouve le débat "Le Tibet fait-il partie de la Chine ? Est-ce une occupation ?" complètement - mais alors vraiment - idiot. Cela consiste à remonter dans le temps pour trouver un lien - ou l’absence de lien - entre trois éléments : une terre, un peuple, un pouvoir. Cela engendre, par exemple, les problèmes en Palestine, qui pourrissent la vie du monde entier depuis 1948.

Nous avons tous la possibilité de savoir exactement qui dirigeait le Tibet en 1740, en 1234, ou en 853. Mais qu’importe ? J’ai fouillé dans ma bibliothèque. J’ai des cartes anciennes du grand cartographe Nicolas de Fer qui montrent bien qu’il y a la Chine, d’un côté, et les Royaumes du Tibet, de l’autre. Ca, c’est la géographie. Mais l’honnêteté oblige à interroger aussi l’Histoire, en plus de la géographie. Et l’Histoire dit qu’au moment où ces cartes furent gravées, ces Royaumes du Tibet étaient - en quelque sorte, pardonnez le mot - sous "protectorat" chinois. Alors ? QUELLE IMPORTANCE ? Faut-il pousser le ridicule jusqu’à remonter à 20 000 ans ? Aux cavernes ? Ridicule, vous dis-je. La préemption ethnique sur une terre est une manière de penser qui a montré sa dangerosité, et il faut se croire un "peuple élu" pour encore y attacher quelque crédit. Mais c’est un autre sujet.

Rions encore un petit peu ensemble. Le très à gauche maire de Paris vient de nommer le très religieux Dalaï-Lama citoyen d’honneur de la ville de Paris. Dont acte. Bertrand Delanoë indique donc son soutien à un leader religieux qui veut rétablir une THEOCRATIE ! Bertrand Delanoë est donc en quelque sorte pour l’alliance du trône et de l’autel ! Wow  ! Si ça ce n’est pas une nouvelle ! Sérieusement, tous ces mouvements droit-de-l’hommistes et ces leaders de gauche qui parlent du Dalaï-Lama la main sur le cœur soutiennent de facto le promoteur d’une théocratie. En ont-ils bien conscience ? Est-ce vraiment leur idéal d’Etat ? Puis-je rire ?

Les Chinois sont des enfants

Il n’y a aucun paternalisme - ce serait ridicule et illégitime - à poser ainsi une vérité : les Chinois sont de grands enfants naïfs. Evidemment, la mythologie - et les hommes d’affaires français de retour de Chine frustrés (pléonasme) - ont véhiculé une image du "Chinois" bien différente de celle-là. D’abord il était cruel, puis intraitable, excellent businessman, menteur, tricheur, gros travailleur, etc. Bref, tout pour excuser nos échecs commerciaux smiley

Je laisse à votre perspicacité le soin de trier. Juste un indice : aucun pays passé par le communisme n’a engendré de "gros travailleurs", puisque le propre du communisme est de rompre tout lien entre travail, richesse et propriété. Inutile de travailler beaucoup. Ça ne sert à rien pour soi-même. Stakhanov a été mis en exemple POUR LE PAYS, pas pour la richesse liée à son travail (il était mineur !).

Non, les Chinois sont de grands enfants, y compris dans leurs aspects les plus sombres. Leur dictature est enfantine, qui est persuadée qu’elle peut bloquer internet. C’est drôle, non ? Leur censure est ridicule. Parlons de radio un instant. On m’avait interdit de diffuser Sex Bomb, car trop scabreux. Mais on m’a laissé passer le single suivant Mama Told me not to Come… juste parce qu’ils ne comprenaient pas smiley C’est drôle, non ? Et je diffusaisThe Wall dans les golds. Qui aurait pu penser qu’on pouvait diffuser The Wall ("we don’t need no thought control") sur une radio d’Etat en Chine ? Hein ? Leur censure est immature, risible.

Dans les entreprises chinoises, les punitions sont le lot quotidien. J’ai mal fait ? Punissez-moi, chef. Aujourd’hui, en 2008. N’est-ce pas ridicule ? Enfantin ?

Vous raconterai-je l’histoire de ce colonel de l’armée chinoise (cette armée qui fait trembler le monde, paraît-il ?) qui visitait Paris ? On lui propose d’aller faire un tour dans les catacombes. Il descend. Puis, il comprend. Il voit les ossements, les crânes. Son sang se vide. Il devient blême, à la limite de l’évanouissement, et se met à courir tout droit comme un dératé en hurlant, pour ressortir en quatrième vitesse. Les Chinois ont peur des morts, comme les enfants. Ils pensent que les morts sortent de leurs tombes la nuit. Comme les enfants. Ils poussent même jusqu’à ne pas prononcer le nom d’un cimetière célèbre de Pékin… On ne dit pas le nom… On dit "là-bas"…

Quant à leurs vexations et leurs réponses, elles sont proprement immatures aussi. Je ne reproduirai pas ici les insultes proférées la semaine dernière à Wuhan contre sainte Jeanne d’Arc ou les symboles nauséabonds appliqués sur le rouge et le bleu de notre drapeau, mais, bon, franchement, ça ne respire pas l’intelligence… Ca me rappelle les mahométans qui brûlaient des drapeaux suisses croyant brûler des drapeaux danois ! Que tout cela indique un QI des plus désespérants !

Car, puisque le Chinois se vexe, il veut aussi vexer, pensant que notre psychologie est identique à la sienne. Comme le pensent des enfants. Et nous rions, car on ne vexe pas des Français sur leur nation. Il y a bien longtemps qu’ils s’en foutent les Français, de leur nation. C’est ce qu’avaient essayé les Américains aussi avec tous ces sites webs et leurs blagues anti-françaises. Mais… qui les collectionnait, les blagues anti-françaises ? LES FRANCAIS ! smiley

Puisqu’il faut bien parler des droits de l’homme

La raison du bruit de boycott autour des jeux Olympiques serait donc une soudaine prise de conscience en Occident qu’il y a un sérieux problème de droits de l’homme en Chine. Bien. Qu’en est-il ?

Comme chacun le sait, en Chine, il est totalement impossible de critiquer ouvertement la forme du gouvernement, comme ses décisions. Puis-je néanmoins rappeler à toutes fins utiles que quiconque en France souhaiterait "remettre en cause la forme républicaine de l’Etat" (sic) serait passible de la Haute Cour de justice de la République ? Le saviez-vous ?

La Chine a pris l’option inverse de celle de l’URSS de 1990. Pas de Perestroika, pas de Glasnost. Mais une très précise instauration de l’économie de marché. La bourse à Shanghai. Une économie de plus en plus offensive. Et surtout, ne pas relâcher le pouvoir. Tenir. Tenir ce pays continent. Tenir 1 MILLIARD et 300 MILLIONS d’humains. Pendant que nous ne savons même pas tenir nos banlieues. Les Chinois ont pris l’option inverse de la Russie pour sortir du XXe siècle. Et… à qui l’Histoire donne-t-elle raison ? Quel est le pays le plus sûr ? Le plus fiable ? Le plus riche ? Avec le futur le plus prometteur ? La Chine ou la Russie ?

Quelle solution magique les droits-de-l’hommistes ont-ils à proposer ?

Mais il y a la peine de mort, ultime barbarie

Il y aurait un article entier à écrire sur ce sujet.

Commençons par clarifier quelque chose qui n’est pas souvent dit : en Chine, la vie humaine n’est pas sacralisée, et c’est de NOTRE FAUTE.

Petit cours d’Histoire. Nous considérons la vie humaine comme sacrée, car dans notre subconscient est inscrit le "Tu ne tueras pas" du Décalogue. Nous sommes judéo-gréco-chrétiens. Toute notre philosophie attache de l’importance à la vie et au corps, temple de notre âme. Soyons clairs : les Chinois n’en ont rien à faire, y compris ceux qui vont au temple pour "prier" (demander argent-succès-santé à un Bouddha repus). Ils ont des idoles, pas un Dieu. Or, nous avons une énorme responsabilité là-dessus, car, pendant des décennies, les Jésuites ont eu le pouvoir en Chine. Certains étaient de véritables Mandarins, habillés tels, et ayant accès quotidien à l’empereur. Qu’en avons-nous fait ? Tout ça s’est terminé dans des querelles entre catholiques, poussant l’empereur à nous expulser ! Bravo… Nous avions tout pouvoir pour inculquer nos valeurs - et entre autres le Décalogue - et nous n’avons rien fait, rien changé dans ce pays, si ce n’est y avoir fait pousser quelques églises. Nous avons failli à la mission d’évangélisation qui consiste - en grande partie - à parler de l’amour du prochain : le Chinois, aujourd’hui, n’en a rien à faire de la vie d’un homme.

Je me souviens de cette femme américaine, qui venait faire des conférences en Chine sur les droits des animaux… Je l’ai recueillie en pleurs dans mon bureau de Pékin un soir, parce qu’elle venait de découvrir qu’elle faisait face à un mur. Son argumentaire, en Occident, était de dire "ne faites pas aux animaux ce que vous ne feriez pas aux êtres humains". Mais, en Chine, me dit-elle en sanglotant "ils le font aux êtres humains !!!!!" Son argumentaire s’annihilait.

Alors, oui, les Chinois sont solidaires, s’occupent à merveille de leurs aînés, les respectent, mais tout rapport au corps - espace vital (prenez le train de nuit entre Pékin et Shanghai…), bruit, politesse corporelle, manière de toucher les gens (un gardien de musée lambda ou un policier vont vous agripper comme un chien s’ils décident que vous n’êtes pas là où vous devez être), tout révèle un total mépris pour ce corps que nous adulons beaucoup trop chez nous. Il y a là une violente différence, extrêmement difficile à supporter.

De cette différence découle l’acceptation des châtiments corporels, allant jusqu’au châtiment ultime : la peine de mort, en général précédée d’un simulacre de justice. Une honte. Mais, une fois de plus, quelle leçon avons-nous à donner ? Nous tentons EN MEME TEMPS de promouvoir la démocratie (le pouvoir réellement donné au peuple) et l’abolition de la peine de mort… grand écart ultrahypocrite qui fait l’impasse sur le fait qu’en France, par exemple, la peine de mort a été abolie CONTRE l’avis du peuple ! En 1981, les Français étaient POUR la conservation de la peine de mort. Les députés, violant le principe de représentativité, l’ont abolie. En violant la représentativité de notre démocratie. Comment se dépêtrer de cet imbroglio ?

Oui, les problèmes de droits de l’homme sont nombreux en Chine. Mais, non, ce n’est pas en critiquant un peuple, une nation par son nom, que nous aboutirons à quoi que ce soit.

De la propagande

Méfiez-vous. Si la Chine est - en bonne héritière communiste - le royaume de la propagande (également ridicule, la plupart du temps), nous n’en sommes pas exempts non plus. Je me souviens de cette amie qui était correspondante permanente en Chine pour France 2. Lorsqu’elle envoyait à Paris un sujet sympa (une expo, un reportage sur un artiste, une initiative sociale, etc.), le sujet était irrémédiablement refusé par la rédaction parisienne. Non, il fallait impérativement dire du mal… critiquer négativement… sinon, pas de diffusion.

Il faut connaître la psychologie des rédactions du "service" public pour comprendre cette idiotie. En France, les journalistes du public sont les plus violents dans leur critique permanente de tout pouvoir. Comme s’il fallait à chaque minute exorciser le fait d’être payé par l’Etat… D’ailleurs, dites "radio d’Etat" à quelqu’un de Radio France, il s’offusquera et répondra, l’air pincé : "de service public, de service public… pas d’Etat !"

Ces gens ont fait de la critique permanente un art, une manière de penser, ou plutôt une manière de ne jamais penser, de ne jamais se remettre en question. Liu Yi, mon amie journaliste de Phoenix TV, était accueillie par Laurence Bobillier sur le plateau du Soir 3 la semaine dernière… Vous n’imaginez pas l’accueil dans les locaux… De la HAINE à l’état brut. Une journaliste chinoise… deux options : ou bien elle est en prison et, donc, c’est une véritable journaliste… ou bien elle va bien, et c’est donc un suppôt de la dictature, qu’il faut "se faire" à l’antenne (entendez : massacrons-la). Ces pauvres imbéciles n’ont évidemment jamais mis les pieds en Chine et, de surcroît, ne peuvent comprendre qu’on puisse sincèrement AIMER son propre pays, puisqu’ils détestent tout du leur. Alors, avec une psychologie de fort des halles, ils envoient des piques contre le pays, contre la nation, et n’obtiennent que de vexer leur interlocuteur… Quel talent !

Je me souviens d’une autre flèche de TV5 m’expliquant au téléphone que, de toutes façons, lorsqu’on a un Chinois sur le plateau, c’est pour "se le faire". La grande classe.

Croyez-vous que les Chinois ne le savent pas ?

Croyez-vous qu’il soit intelligent de taper sur des gens en raison du ridicule de leur gouvernement ?
Et nous alors ? Nous qui avons le chef d’Etat le plus ridicule de ces derniers 1 500 ans ?

Alors voilà… voilà ce que je pense du dossier "jeux Olympiques en Chine".

Je pense que des dizaines de paramètres historico-culturo-psychologiques se mêlent soudain, se croisent, se groupent, pour créer une grosse boule de malentendus.

Les Chinois sont extrêmement sensibles aux symboles. En bons païens, ils font tout un foin pour le 14 février, le Nouvel An lunaire, la Journée de la femme, la fête de mi-automne, et toutes autres joyeusetés considérées ici comme purement commerciales et sans le moindre intérêt. Ils s’attachent aux SYMBOLES.

Dans leur processus de rapprochement d’avec la communauté internationale (processus TRES récent), il y a eu des étapes symboliques. Ils ont cicatrisé deux blessures en récupérant Hong Kong des Anglais et Macao des Portugais. C’est leur Alsace et leur Lorraine. Nous avons fait la guerre pour ça. Pas eux. Ils n’en ont pas eu besoin. Ensuite, ils ont fait leur entrée dans l’OMC. Autre victoire, riche symboliquement.

Ils ont cette année les jeux Olympiques. Comprenez-vous maintenant, après avoir lu ces lignes, pourquoi c’est une excellente nouvelle ? Les jeux Olympiques ! La Grand-Messe planétaire ! Le plus gros événement mondial ! Comprenez-vous que le MONDE ENTIER a TOUT INTERET à ce que les Chinois trouvent des moyens PACIFIQUES de retrouver leur fierté ? Comprenez-vous que nous devons accompagner avec sincérité et bienveillance leurs jeux Olympiques ? Comprenez-vous que les insulter encore et encore comme nous l’avons fait pendant des années et des années sur place, en les réduisant à l’état d’esclaves, ne peut rien apporter de bon ? Comprenez-vous que le boycott (ou tout autre ridicule manifestation du genre "le président ne viendra pas à la cérémonie d’ouverture" - comme si ça changeait quelque chose !) ne peut qu’avoir des effets désastreux ?

Les jeux Olympiques n’empêchent pas un populiste au pouvoir de déclencher un cataclysme. L’Allemagne de 1936 en est la preuve. Mais point n’est besoin de porter atteinte à la fierté récemment retrouvée du peuple chinois. Il y a mieux à faire : les accompagner en amis. Accompagner leurs pas, aimer leur fierté, comme on aime la réussite d’un membre de la famille.

J’ai trouvé un autre trésor dans ma bibliothèque : La Méthode pour apprendre facilement la géographie dédiée à Monseigneur le duc du Maine, de M. Robbe, édition de 1746. Voilà ce qu’on pouvait y lire :

Les Chinois ont la démarche droite & fière, le visage large, le nez court, les yeux très petits & le teint olivâtre. Ils sont spirituels, industrieux, civils & magnifiques en leurs habits & en leurs manières ; mais ils sont extrêmement orgueilleux, avares, jaloux, malpropres dans leur manger, lents à résoudre et esclaves des formalités.

Quid novi sub soli ?

- Auteur Denis Florent

Scooper ceci Occidentalisation du mode de vie des chinois

avril 19th, 2008

 

 

 

via China Digital Times

Scooper ceci Entendre, plutôt que blâmer !

avril 18th, 2008

Discrets, mes amis chinois évitent plutôt le sujet. Recroquevillés, ne comprenant pas. Dans l’ombre, ils s’interrogent. Après trois décennies d’efforts et de sacrifices, qu’ont-ils fait pour mériter une telle cabale ? Qu’ont-ils fait pour que leur drapeau soit souillé, leur pays voué aux gémonies dans les rues de Paris ? Depuis 2001, ils guettent les jeux olympiques avec enthousiasme. La plupart s’y prêtent sans arrières pensés, heureux de partager un moment ensemble ! Bien davantage que l’orgueil national, le sentiment du chemin parcouru justifie ce bonheur. Beaucoup se souviennent du temps pas si lointain où leurs parents ne mangeaient pas à leur faim. N’ont-ils pas gagné à la sueur du front le droit de briller au devant de la scène ? N’ont-ils pas le droit de célébrer l’énergie viscérale qui anime leur pays ? Les jeux olympiques, c’est un instant d’émerveillement avant de s’en aller vers d’autres aventures, plus de prospérité, de liberté, de démocratie.

Certes le poids de l’histoire perdure, le Tibet trouble mais est-il nécessaire de clouer au pilori la Chine ? Ceux là mêmes qui dénoncent les autorités de Pékin n’auraient-ils pas été mieux inspirés en s’entretenant d’abord avec le peuple chinois, largement acquis aux jeux ? Si d’aventure le voyage en Chine leur semblait inopérant, n’auraient-ils pas dû parcourir la rue d’Ivry ou Belleville, passer une heure de leur temps, à dialoguer avec tel restaurateur originaire de Wenzhou tel manutentionnaire natif du Fujian ? N’auraient-ils pas gagné en justesse d’analyse en demandant aux 450 000 franco-chinois ce qu’ils pensent ? Ces derniers, forts de leur biculturalisme, ne sont-ils pas les mieux à mêmes d’oeuvrer par delà des lignes ?

Au lieu de cela, des porte drapeaux des droits de l’homme se rendent coupables d’autisme, brusquant les symboles jusqu’à leur donner d’étranges couleurs. N’ont-ils pas à l’esprit la complexité du monde et en particulier celle de la Chine ? Croient-ils que si la moitié des français vivait avec 100 euros par mois, les règles de droits seraient dans notre pays l’exacte copie de ce qu’elles sont aujourd’hui ? Cette prétention de tout caler à l’aune d’une seule grille de lecture frise le néo colonialisme, l’arrogance. Plutôt que de chercher à comprendre, ils blâment. Parfois s’emballent, tirant à boulet rouge comme si les chinois étaient les seuls responsables de tous les maux, comme si les occidentaux n’avaient rien à se reprocher. Sous prétexte de la montée en puissance de la Chine, l’on entonne de curieux refrains. Le venin s’installe. Bientôt la haine.

Mais ces fieffés tenant des droits de l’homisme sont-ils seulement courageux ? Si le gouvernement chinois est si détestable que cela, pourquoi n’appellent-ils pas au boycott des produits chinois ? Piégés par le même réalisme économique qu’ils dénoncent, aucun ne s’y risquerait. Car alors ce serait accepter que le pouvoir d’achat des occidentaux soutenu depuis deux décennies par l’accès à des produits à bas coûts chute comme neige au soleil !

Sans doute avons-nous chacun une certaine histoire à l’égard des droits de l’homme mais si nous souhaitons un jour en faire un pot commun, mieux vaut alors ne pas s’enfermer dans ses seules croyances et condamner à tout va ! Mieux vaut d’abord se comprendre, pas à pas, peu à peu, comme cela a toujours été le cas.

François De La Chevalerie,
Entrepreneur Français en Chine
China Messengers & Paneurochina

via China Informations

Scooper ceci Tibet: le bien et le mal

mars 26th, 2008

Je me contente, sur le sujet de Tibet, de relayer un article de Philippakos publié sur son blog et Agoravox, que je trouve personnellement plein de lucidité et de bon sens. J’évite volontairement les prises de position, tout comme l’auteur ici, mais seulement j’invite les gens à prendre du recul. Lisez:

A l’heure où toute la presse et les chaînes de télévision prennent fait et cause pour le «combat du peuple tibétain» et contre la «répression sanglante» des autorités chinoises, n’y a-t-il pas lieu, en s’éclairant des événements du passé, de s’interroger sur les prises de position occidentales face aux conflits de ces dernières décennies, en essayant de comprendre la pression que les médias exercent pour influencer les opinions ?

Dans le cas du Tibet nous assistons aujourd’hui à un matraquage de l’information qui semble avoir trouvé là un sujet porteur et n’émet pas le moindre doute quant à la responsabilité de ce que certains appellent même un « génocide culturel ». Ce monde journalistique semble en effet aujourd’hui œuvrer vers la simplification en distribuant les rôles : celui du bon et donc aussi celui du méchant. Tout comme George Bush, pourtant tellement moqué, qui évoquait les « forces du mal » pour justifier sa guerre en Irak.

Quand on examine rétrospectivement les événements, il est curieux de constater que, presque chaque fois, les médias occidentaux ont pris une position unilatérale et définitive pour l’un des belligérants. Chaque fois les journalistes sortent de leur rôle qui devrait rester celui d’informer pour se transformer en sorte de justiciers détenteurs de vérités premières. Et pourtant, souvent les héros, une fois détenteurs du pouvoir, déçoivent. Au point même que parfois on en vienne à exprimer des regrets. Cette attitude médiatique se fonde sur un principe simple : à un mal ne peut succéder qu’un bien. Forte de son expérience, l’histoire aurait dû enseigner que le pire est souvent à venir.

Toute l’Europe a soutenu la «juste lutte du peuple nord-vietnamien» face à l’ogre américain. Le régime khmer de Pol Pot avait la sympathie de toute l’intelligentsia française, depuis Sartre jusqu’à Foucault, qui l’exprimait dans les colonnes des journaux de l’époque. Toute la presse a conspué le Shah d’Iran en applaudissant à tout rompre le retour triomphal de l’ayatollah Khomeini. Tous les médias ont pris parti pour le père Aristide contre Duvalier et ses Tontons Macoutes, figures emblématiques de tueurs sanguinaires. Il arrive même que, sans crier gare, les sympathies se retournent : Saddam Hussein a longtemps joué le rôle du bon avant d’endosser celui du diable en 1991, au début de la première guerre du Golfe. Et pourtant le gazage des populations kurdes date de 1988, trois ans avant sa diabolisation. La volte-face fut si rapide que les pilotes des avions Mirage que la France venait de vendre étaient encore en stage de formation dans notre patrie des «droits de l’homme» quand le conflit a éclaté. Quand la vérité est compliquée on ne peut la dire que de manière compliquée (Pierre Bourdieu). Et rendre compte de la complexité paraît aujourd’hui au-dessus des forces médiatiques qui se contentent, le plus souvent, d’une simplification enfantine et manichéenne.

Les années 70 sont le point de départ en même temps du soutien politique à tout crin pour des régimes que l’on croit justes et de la compassion humanitaire relayée par le drame en direct à la télévision. La presse américaine s’attribue la victoire dans sa lutte pour mettre un terme aux opérations vietnamiennes. Ces années coïncident avec la prise de conscience par la télévision de son influence sur l’opinion, par ricochet sur le politique et donc de son immense nouveau pouvoir. C’est à partir de cette époque, en s’appuyant sur une opinion qu’elle a elle-même forgée, que la sphère médiatique se sent investie d’un rôle moral qui consiste à séparer le bien du mal. A partir de cette époque, et en utilisant souvent à son insu les ONG, qu’elle lance des croisades mondiales pour un monde meilleur, c’est-à-dire qui lui ressemble. Ce faisant, elle s’octroie, par assimilation avec les pays où elle agit, un rôle de donneur de leçons comparable à celui de la diplomatie coloniale du XIXème siècle ou encore celui des pères de l’église dans leurs missions évangélisatrices chez les bons sauvages..

Cette emprise des médias sur l’opinion se fait par l’intermédiaire des images présentées comme la seule vérité possible. Les photographies émeuvent et en même temps signent une garantie d’authenticité. Comment, dès lors ne pas résister à la tentation de la mise en scène ? Très vite la dérive devient avérée, l’imposture fréquente. Rony Brauman écrit à propos du Biafra et ses enfants faméliques : A peine inauguré, le témoignage humanitaire rencontrait déjà ses limites dans l’instrumentalisation des images de détresse. Souvenons-nous de la mise en scène de la chute de Ceaucescu présentée comme un soulèvement populaire en direct contre le dictateur, les faux charniers de Timisoara. Plus grave, puisque lourde de conséquences, la diffusion télévisée du témoignage de cette inconnue qui souhaitait garder l’anonymat pour éviter les représailles : elle racontait, la gorge noyée de larmes, un massacre de 319 nourrissons dans un hôpital koweitien qui émut tant que les parlementaires du Congrès, par seulement cinq voix de majorité, donnèrent le feu vert à l’opération «Tempête du désert». L’opération fit directement et indirectement près d’un million de morts et des centaines de milliers de blessés. Rony Brauman remarque encore : Qui s’est intéressé au sort des civils irakiens pour lesquels nul « corridor de tranquillité », nul « couloir humanitaire » n’a paru nécessaire ? L’inconnue n’était autre que la fille de l’Ambassadeur du Koweit aux Etats Unis qui possédait assurément de grands talents théâtraux. On peut légitimement penser que ce conflit mondial aurait pu tourner différemment si la chaîne avait pris soin de vérifier l’information du massacre des nourrissons.

On en vient aujourd’hui à mesurer les chances d’une opération humanitaire non pas au désarroi de la population concernée mais à sa visibilité. Lu hier encore dans le Monde l’interview du représentant de l’ONU en Somalie : La Somalie est abandonnée par la communauté internationale. Question du journaliste : Avez-vous du mal à mobiliser l’attention sur la Somalie ? En effet, le problème se pose en ces termes. Le soulagement d’un désastre humanitaire est fonction de son écho médiatique. Difficile d’oublier la remarque d’un responsable de l’information d’une chaîne de télévision à propos de cette même Somalie qui déclara un jour : les téléspectateurs sont las de ces drames africains, désespérément semblables à eux-mêmes au fil des années. La bonne conscience médiatique n’a, en revanche, pas été blessée d’assister sans broncher au génocide rwandais qui fit entre 500 000 et un million de morts selon les sources. Il faut dire que le conflit tombait mal et que comme le rapporte Philippe Boisserie, la consigne de la direction de l’information de France 2 était en avril 1994 : Tu fais l’évacuation des Français et puis tu rentres, on n’est pas là-bas pour faire des sujets sur les noirs qui s’entretuent, de toute façon, ça n’intéresse personne.

En revanche aujourd’hui le Tibet paraît intéresser alors que les problèmes datent de 1950. La proximité des Jeux Olympiques rend le suspense à son comble. Boycott, pas boycott, sondages, prises de position, fausse objectivité médiatique : on entend uniquement les athlètes favorables à une action symbolique en faveur des « droits de l’homme » alors que la grande majorité, plus préoccupée de ses performances, reste favorable à la tenue des jeux sans aucune réserve. On fait venir sur les plateaux des acteurs convertis au Bouddhisme qui louent les vertus des moines tibétains. Avant-hier banderole déployée par des exilés tibétains à Paris le front ceint du bandeau pendant une émission de télévision. Hier à Olympie, banderole brandie par trois membres de Reporters sans frontières au départ de la flamme. Un scoop qui fait ce matin plus de bruit que la cérémonie elle-même. Pas d’image du conflit, simplement des plans d’archives qui ne montrent rien d’autre que touristique, parce que, précise-t-on, les reporters sont interdits de Chine… comme ils l’ont été de la Guerre du Golfe, mais qui s’en souvient ? Nombre de morts tibétains fluctuant (une dizaine, plusieurs dizaines, au moins 140, selon les sources), informations incertaines.

Prendre parti implique un minimum de connaissances sur la question. Or que savons-nous au juste d’une révolte menée, semble-t-il, par des religieux qui revendiquent au delà de leur « chef spirituel » le Dalaï Lama ? Que savons-nous d’un gouvernement en exil devant lequel le médiatisé Dalaï a promis de s’effacer mais qu’on n’entend pas, ou à qui personne ne donne la parole ? Que penser de ce saint homme «découvert» à l’âge de trois ans, d’essence quasi-divine et vénéré comme tel, capable de générer une véritable théocratie, système politique aux senteurs d’une autre époque ? L’indépendance du Tibet déboucherait-elle sur un état religieux ? Que savons-nous des problèmes intérieurs de la Chine, ce gigantesque état de 1,3 milliards d’individus qui redoute un éclatement de ses régions ? Que savons-nous du sort réservé aux 1,5 million de Chinois Han (pour 5 millions de Tibétains) résidant au Tibet si l’indépendance était prononcée ? Les indépendantistes dans un conflit ont-ils toujours raison ? N’est-il plus concevable, comme l’ex-Yougoslavie tend à le montrer, de regrouper des populations différentes pour vivre dans un même état ? L’île de Formose, ennemi juré, ne vient-elle pas d’élire un Président favorable au rapprochement avec la Chine ? La réalité du terrain serait-elle plus complexe que le simplisme journalistique voudrait nous le faire croire ?

Il n’est pas ici question de nier le colonialisme chinois au Tibet mais de s’étonner que l’information semble soudain s’en émouvoir et prendre violemment parti en faveur d’une insurrection pour laquelle elle manque cruellement de renseignements. Ou plutôt de constater que la proximité des Jeux Olympiques rend le sujet vendable et que les indépendantistes tibétains savent bien en tirer profit, on ne saurait leur en vouloir. Je citerai, en conclusion, une phrase de René Backman, journaliste au Nouvel Observateur, spécialiste de l’Asie et du Proche Orient : D’approximation en simplification, l’incompétence ajoutant à la manipulation, les médias ont fini par oublier leurs repères et laisser la communication, insidieusement, se substituer à l’information. Quant au Tibet, il serait bon que l’information remplisse enfin son rôle d’aide à la compréhension plutôt que de nous entraîner, en utilisant des moyens contestables, dans des réactions émotionnelles, certes porteuses d’audience, mais sans lendemain.

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mars 11th, 2008

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